C2SU

Corporation des Carabins de Sorbonne Université

Témoignage : Lise (Lisou)

Bizuthe ou carrée ? Votre place ?
Je suis passée doublante en médecine.
Primante, j’ai été classée 1350 au S1, puis 1050 (environ) en fin d’année.
Doublante, j’ai été classée 226 au S1, pour un classement final de 317 en fin d’année.

Votre bac ? Spécialité ? Votre mention ?
Bac Scientifique, spécialité Physique-Chimie. Mention Très Bien.

Etiez-vous en avance en classe ? A quel âge êtes-vous rentrée en PAES ?
Je n’avais pas d’avance (et pas de retard non plus). Je suis arrivée en PAES l’année de mes 18 ans.

Logement personnel ou familial ?
J’habitais avec mes parents et mon frère.

Durée du trajet domicile-fac ?
Je mettais environ 40 minutes pour aller de chez moi à la fac.

Avez-vous une méthode de travail bien précise ?
C’est compliqué comme question, car je pense que j’avais une méthode de travail par matière.
Le seul point général que je peux donner sur ma méthode c’est mon habitude d’écrire sur des post-it les petits détails-à-la-con que je n’arrivais pas à retenir (chiffres, nom imbuvable d’une protéine, etc). Je faisais parfois des fiches un peu plus grandes, quand le cours s’y prêtait, et je les accrochais à la porte intérieure de mes toilettes. Oui, parce que je suis une grande psychopathe.

Combien de temps travailliez-vous par jour ?
Je travaillais en moyenne 10 heures par jour (cours et EDs compris). Parfois davantage (mais rarement), parfois moins. Je pense qu’au S1 de mon année primante, je travaillais davantage, mais je n’étais vraiment pas efficace.
L’efficacité est essentielle : si on travaille 12 heures par jour sans être efficace, on a moins de chance de réussir que quelqu’un qui travaille 8 heures efficacement. (Si on peut être efficace ET bosser 12 heures, alors c’est magnifique !)

Aviez-vous commencé à travailler avant la rentrée pour prendre de l’avance ?
La première année, je n’avais pas travaillé : ç’aurait été vraiment inutile, ne connaissant pas le programme… J’ai préféré bien profiter de mes vacances.
La deuxième année, j’ai travaillé pendant l’été : j’ai tapé quelques cours d’anatomie à partir des vidéos en ligne que nous avions, et j’ai travaillé l’histologie : ces deux matières faisaient partie de celles qui me posaient le plus problème, et je savais qu’en prenant le temps de les travailler loin de tout stress, je pourrais progresser. J’ai quand même profité de mes vacances : je me suis accordée un mois sans quoi que ce soit se rapportant à la P1, et pendant la période où je travaillais, je ne faisais pas que ça toute la journée. L’année de redoublement est trèèès longue, il faut aussi profiter de ses vacances.

Arriviez-vous à vous situer par rapport aux autres pendant l’année ?
Non, c’est très difficile, malgré les épreuves au tutorat. Sans tutorat, j’aurais été complètement perdue… Mais le tutorat n’a pas été un bon reflet de mon niveau par rapport aux autres. Je pense qu’il faut le voir comme un moyen de s’entraîner et d’évaluer ses méthodes de travail, et non comme une évaluation de son niveau par rapport à celui des autres.

Aviez-vous une idole, un modèle pour réussir cette année ?
Justine (Lyla) a laissé également un témoignage. Elle constituait une sorte « d’objectif » pour moi : le but était d’être aussi forte que Lyla… Mais je ne la considérais pas vraiment comme un modèle : nous avions des profils très différents. Parmi les P2 que je connaissais, aucun n’a pu me rassurer par rapport à mon classement de primante, j’ai dû me constituer mes propres méthodes, mes propres objectifs (on ne devient pas « bon » du jour au lendemain, on progresse pas à pas). Cette situation m’a forcée à trouver mon propre chemin, au lieu de le calquer sur celui des autres.

Avez-vous quand même l’impression d’avoir eu de la chance aux examens ?
Si la question est « Avez-vous eu de la chance ? » tout court, je réponds oui : j’ai toujours considéré que c’était la chance qui départageait les derniers pris des premiers recalés. Or, je fais partie des derniers pris en médecine.
Maintenant, si la question est « Avez-vous réussi grâce à la chance ? », alors là, je réponds non. J’ai mérité cette place, j’ai beaucoup travaillé, je me suis donnée. On ne peut pas compter que sur la chance.

Avez-vous pris des cours annexes pendant votre 1ère année ?
Non. Ni primante, ni doublante.

Pourquoi ?
Pour plusieurs raisons :
– Par orgueil : Je n’avais pas envie que le mérite de ma réussite potentielle soit attribuée à une prépa.
– Par principe : Je ne voulais pas nourrir ces entreprises qui – si le tutorat n’existait pas – anéantiraient l’égalité des chances.
– Par économie : Ces prépas ont un coût. Mes parents étaient prêts à couvrir les frais : ce n’aurait pas été forcément plaisant, mais ils en avaient les moyens. Cependant, je ne voulais pas qu’ils dépensent autant d’argent : j’aurais été trop gênée en cas d’échec.

Je n’ai jamais regretté mon choix : étant plutôt lente pour assimiler des connaissances, le programme de la prépa n’aurait fait que me surcharger et me ralentir.

Avez-vous travaillé seule ?
Durant mon année de redoublement, je suis allée régulièrement à la bibliothèque pour travailler avec des amis. Mais globalement, je travaillais seule.

De quel milieu êtes-vous issue ?
Je suis issue de la classe moyenne.

Vacances ?
Comme je l’ai dit plus tôt, j’ai profité de mes vacances d’été. J’ai également profité de mes vacances de Noël : je n’ai pas touché aux cours du deuxième semestre durant cette période.

Sorties ?
Je sortais peu… Mais je m’accordais généralement la soirée du samedi pour me détendre.

Et les parents dans tout ça ?
Je ne fais pas partie des gens qui diront « Je remercie mes parents pour leur soutien quotidien. ». En P1, je me suis promis de ne jamais le dire, car ce serait mentir. Mes parents n’ont fait que me stresser, me rabaisser. Ils ont régulièrement été une source de découragement. Deux semaines avant le concours du premier semestre, devant mes mauvais résultats au tutorat, ma mère m’a dit : « Tu devrais peut-être laisser tomber. ». J’ai tenu bon, et j’ai été classée 226ème au premier semestre.

N’hésitez pas à faire lire ceci à vos parents : Chers parents, ce n’est pas votre avenir qui est en jeu, mais celui de votre enfant. Si c’est dur pour vous, c’est 100 fois plus dur pour lui. Alors soutenez-le, aimez-le, votre rôle ne va pas plus loin. Cordialement.

Quelle était votre attitude en cours ?
Primante, j’allais à tous les cours. Parfois, j’étais endormie et ça ne servait donc à rien.
Doublante, quand je décidais d’aller en cours, je tâchais d’être hyper-attentive. Si je n’arrivais pas à suivre, je n’hésitais pas à partir pour faire quelque chose de plus productif : travailler à la bibliothèque par exemple.

Vous serviez-vous d’ouvrages particuliers ?
En anatomie, j’ai beaucoup travaillé avec le Netter. Il existe de nombreux autres ouvrages de planches anatomiques : il est essentiel de visualiser ce qu’on apprend dans cette matière, trouvez le livre qui vous correspond ! (ne l’achetez pas forcément, ça coûte cher et vous pouvez le trouver à la BU)

Vos matières préférées ?
L’anatomie, la biochimie, la biophysique pour le premier semestre.
L’UE 7 dans son ensemble, la biostatistique, la conception-formulation-production des médicaments pour le deuxième semestre.

Celles que vous détestiez ?
L’embryologie et la chimie organique pour le premier semestre.
La physiologie (que j’apprends à apprécier en P2) pour le deuxième semestre.

Quelle(s) est (sont) la (les) matière(s) qui vous a (ont) posé problème ?
Toutes, à plus ou moins grandes échelles.
J’ai eu de gros problèmes en anatomie : primante, j’ai eu 5,55 dans cette matière, alors que c’était celle que j’avais le plus travaillée. Doublante, j’ai gagné dix points dans cette matière. Il faut vraiment s’accrocher !
Je n’arrivais pas à apprendre l’histologie quand j’étais primante : mon cerveau refusait catégoriquement d’apprendre cette matière. J’ai beaucoup progressé l’année suivante, en essayant de comprendre d’abord, d’apprendre ensuite.

Celle(s) qui vous a (ont) semblé facile(s) ?
La biophysique du premier semestre : quand on a compris le principe, c’est tout le temps pareil. (Le prof a changé depuis, donc ce que je dis n’est peut-être plus valable.)
La biostatistique du second semestre : je l’ai beaucoup travaillée, j’ai fait sérieusement mes EDs, mais je ne me suis jamais arraché les cheveux dessus.

Avez-vous travaillé avec les annales ?
Oui, mais peu, globalement. Je les utilisais en fin de semestre pour établir la priorité des chapitres à réviser. Je les ai cependant beaucoup utilisées pour la biophysique et la biostatistique, afin de m’entraîner avec des QCMs rédigés par les professeurs.

Etiez-vous motivée ?
Oui, et c’est essentiel face à la difficulté du concours.

Au point de vue sommeil ?
Je dormais environ 7-8 heures par nuit en semaine, et environ 9 heures le week-end.

Stressée ou plutôt relax ?
Cela dépendait des périodes. Je suis plutôt stressée en général. En PAES, j’ai essayé de mettre mon stress de côté (ce n’est pas évident). Je me donnais de petits objectifs au jour le jour, afin de ne pas penser à la deadline finale, à savoir le concours.

Pratiquiez-vous une activité sportive en PAES ?
A part durant la trêve hivernale, j’allais courir tous les dimanches matins ou presque.

Quels étaient vos loisirs ?
Une semaine sur deux, je voyais mon copain du samedi midi au dimanche matin (en réalité, on se voyait tous les jours puisqu’il était en PAES aussi, mais je parle ici des moments « hors P1 »). On allait parfois au cinéma, on regardait des films, on discutait.

Votre sentiment sur les 1ères années ?
C’est extrêmement difficile. Je pense qu’il faut le vivre pour le comprendre, donc je ne m’étendrai pas plus longtemps sur le sujet.

Passer bizuth selon vous c’est… ?
Très impressionnant. C’est possible, puisque certains y arrivent. Il faut trouver sa propre méthode de travail très rapidement, et se donner à fond. Il faut aussi savoir se remettre en question (pour changer de méthode de travail si besoin), mais pas trop (pour ne pas perdre trop de temps à douter de soi).

Vos conseils aux futurs P1 ?
N’écoutez pas les autres : si votre méthode fonctionne, gardez-la.

Recherchez l’efficacité, en permanence. Si ça fait cinq minutes que vous lisez en boucle la même ligne : allez faire un tour (boire un café, un verre d’eau, une pause de quelques minutes) et recommencez. Si ça ne veut toujours pas, changez de matière, et revenez sur celle-ci plus tard.

Accrochez-vous. On sort différent de cette (ces) année(s) de P1. Donnez le meilleur de vous-mêmes et soyez fiers de ce que vous accomplissez. Un déclic peut arriver au dernier moment, donc remettez vos méthodes de travail en question s’il le faut, et autrement, ne perdez pas espoir !

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3 réponses

  1. Alexander dit :

    Bonjour, j’ai un gros problème.

    Au 1 er semestre j’ai eu de nombreux problèmes personnels qui font que je suis très mal classé actuellement. Il me faut remonter au minimum 400 places pour au moins pouvoir redoubler.
    Je ne vise que la filière médecine mais mon objectif principal est d’abord de remonter au minimum 400 places dans le classement général pour au moins pouvoir redoubler.
    J’ai trouvé une nouvelle méthode de travail efficace qui me permet d’être assez bien classé au concours blanc du S2 ( au tutorat, je ne suis pas inscrit à une prépa ).
    Je suis très motivé mais aussi très stressé, j’aimerai avoir quelque conseil, s’il vous plaît.

    Et veuillez me répondre par commentaire car je ne suis plus actif sur ma boite mail.

    Merci de votre compréhension.

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